Estampes 

et  Antiquités  du  Japon

Japanese  fine  Arts

日本の美術

 

 

 

Utagawa    HIROSHIGE

(1797-1858)

 

 

Il y a un peu plus de deux siècles, naissait dans la caserne de pompiers de Yayosu, à Tokyo, Ando Tokutaro,  fils de Ando Genemon, officier de la brigade du Feu de la ville de résidence du Shogun Tokugawa et de son Gouvernement.

La famille Ando était titulaire dune charge héréditaire qui lui permettait de disposer d'une troupe de trois cents pompiers. La responsabilité en découlant -et le prestige- étaient réels dans cette ville très peuplée, aux maisons de bois.

 

 

A 14 ans, il réussit à intégrer le studio de Utagawa Toyohiro (1773-1828) qui fut à l'origine du développement de l'estampe de paysage. Toyokuni et Toyohiro avaient eux-mêmes été élèves de Utagawa Toyoharu, fondateur de l'Ecole Utagawa qui domina le monde de l'estampe jusqu'au milieu du 19 e siècle. Le prénom - pseudonyme de Ichiryûsai fut transmis de Toyoharu à Toyohiro, puis de celui-ci à Hiroshige; ce dernier pseudonyme (le plus connu de cet artiste qui en utilisa une dizaine) découle évidemment de Toyohiro. Pour nom d'artiste, il prit évidemment celui de son Ecole, soit Utagawa.

 

 

Il semble que les premières estampes, signées Ichiryusai Hiroshige, aient été  imprimées à partir de 1818; il s'agissait essentiellement de personnages, selon la mode de l'époque.

Mais c'est au début des années 1830, à la faveur de plusieurs évènements, que l'artiste trouvera véritablement sa voie et se révélera comme l'un des maîtres de l'art du Japon.

La mort de Toyohiro en 1828 lui conféra une responsabilité éminente au sein de l'Ecole Utagawa, pour les estampes de paysages. Un phénomène de même ordre mais pour la représentation des femmes et acteurs, s'était produit peu avant au profit d'Utagawa Kunisada (1786-1864) et de Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), après la disparition de Toyokuni en 1825.

Par ailleurs, le succès considérable, dès 1830, de la série des "36 vues du Mont Fuji "  de Katsuchika Hokusai (1760-1849) créa une demande renouvelée en direction des paysages de qualité ou les personnages ne sont pas absents.

Hiroshige intégra en 1832 un cortège shogunal, de Edo à Kyoto, empruntant la fameuse route du "Tokaïdo". Ses croquis pris sur le vif lui permirent de dessiner sa série la plus fameuse, reste inégalée, du "Tokado Gojusan Tsuji-no Uchi ". Il s'agit des vues animées des 53 relais, auxquelles s'ajoutent une vue de Edo au départ, et une de la capitale impériale à l'arrivée.

En réalité, les estampes sont plus nombreuses encore, puisque plusieurs relais ont donné lieu à des planches différentes, que l'on peut comparer, mais non assimiler, aux états des gravures occidentales. Ainsi, Edward Strange, dans son guide sur Hiroshige, compte 77 planches, certaines vues ayant jusqu'à quatre versions (ici, une montagne apparaît; là un cavalier monte à cheval alors qu'une autre version le montre descendant de sa monture etc...).

Ceci souligne la grande richesse de cette série et son originalité. Elle compte plusieurs planches connues de tous par la reproduction systématique dans la plupart des livres traitant de l'art japonais. Ainsi " Shono " ; chacun connaît cette estampe toute en diagonale, ou la pluie battante vient frapper quatre personnages courant se mettre à l'abri.

 

 

On a souvent dit que les japonais ont appris à connaître leur pays en admirant les estampes de Hiroshige. Toujours est-il que le dessinateur consacrera plusieurs autres séries à la route du "Tokaïdo " , plus de dix, d'abord horizontales, puis verticales, telles le "Gysho Tokaido" (1840), le "Reisho Tokaido " (1850), celle publiée par Tsutaya en 1855, ou celle dessinée pour Ibasen et Ibaki ,en 1855 encore, par Hiroshige, Kunisada (Toyokuni III) et Kuniyoshi qui montre plutôt des personnes habitant les relais de la route. Deux séries existent aussi en format chuban, des "Tokaido" publiés par Sanoki vers 1840 et Tsutaya en 1855.

Bien entendu, d'autres paysages du Japon ont inspiré Hiroshige, qui répondit jusqu' sa disparition, à la demande pressante d'éditeurs nombreux. Le talent du dessinateur fut aussi de sélectionner avec les éditeurs les plus sérieux, les meilleurs ateliers de gravure et d'impression.

C'est le cas pour toutes les estampes des séries des " 60 Provinces " (Da Nippon Rokuj Yoshu Meisho Dzuye) de 1853/56, des "Cent vues de Edo"   (Meisho Edo Hyakkei) de 1856/58, des " 36 Vues du Fuji " (Fuji Sanjû Rokkei), de 1858 etc...

 

 

Les estampes de Hiroshige comportent presque toujours un ou plusieurs bokashi, c'est à dire un savant dégradé de couleurs. Le plus connu est un bleu profond pour marquer le ciel et l'eau de la mer ou des rivières. Ces bokashi varient en dimensions, et parfois en positionnement, d'une planche l'autre.

Au total, ces éléments -ajouts aux variantes et versions- font qu'il est pratiquement impossible de trouver deux estampes strictement identiques d'Hiroshige. Ceci accentue certes l'intérêt pour cet artiste, mais aussi conduit à des différences notables de côte (en dehors même de l'état de conservation des planches).

 

 

Utagawa Hiroshige est également célèbre pour ses planches  Kacho-ga (fleurs et oiseaux). Tanakaya a déja présenté plusieurs estampes d'oiseaux, signées Hiroshige, au cours de trois expositions en 1992, 1997 et 2004. Il existe aussi des représentations de poissons, dont trois des séries majeures de 1830/40.

Hiroshige mourut le 6e jour du 9e mois de 1858, emporté par une épidémie de choléra.

Il eut peu d'élèves.

Le plus connu est Hiroshige II (1826-69), son fils adoptif et époux de sa fille. Suzuki Morita utilisa le pseudonyme de Hiroshige II entre 1858 et 1865, puis signa Shigenobu ou Ryûsho. Il participa certainement aux derniers travaux de son maître, notamment en donnant quelques planches pour la série "Meisho Edo Hyakkei ". Sa production, limitée en nombre comporte plusieurs planches de belle qualité, recherchées par les collectionneurs.

Ando Tokubei (1843-94), également élève de Hiroshige, pris en 1865 le pseudonyme laissé vacant par Hiroshige II, et utilisa à la fois le nom de Ando et la signature Hiroshige. Son œuvre demeure limitée et assez secondaire, à l'exception de quelques kachô-ga et de planches amusantes montrant la transformation du pays durant l'Ere Meiji (immeubles de briques, chemin de fer etc...).

A noter que les trois artistes ont utilisé exactement la même signature à certains moments de leurs carrières, ce qui peut engendrer des difficultés pour les non initiés.

A noter aussi que les oeuvres de Hiroshige ont été copiées, réeditées notamment entre 1870 et 1920 pour satisfaire le public occidental, reprises sur papier crépon etc ...Ces éditions ne présentent aucun intérêt.

L'appréciation de ces tirages se fait essentiellement sur la qualité des papiers et des encres, et sur celle de la gravure et de l'impression.

Utagawa Hiroshige occupe une place particulière parmi les artistes japonais. Son génie fut de montrer certes les paysages les plus remarquables de l'Archipel, mais aussi des vues plus communes, de simples rues et maisons. Surtout, il anima ses planches de japonais modestes, du peuple actif de Edo. La vie est toujours présente ou suggérée; le choix du dessinateur ne se portait pas sur des personnages inaccessibles: les grands acteurs de kabuki, les sumotoris, les bijins à la beauté et à la grâce trop parfaites. II se portait sur le peuple en mouvement, celui du Japon profond.

Cette humanité, ce respect des autres et de la nature étaient et demeurent immédiatement perceptibles            

                         

 

 

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