Estampes japonaises

et Antiquités du Japon

 

Japanese fine Prints and Works of Art

 gallery, in Paris

 

 

 

Ogata GEKKO

(1859-1920)

 

         De nombreux dessinateurs d’estampes de grande qualité ont exercé durant les ères Meiji (1868-1912) et Taïshô (1912-26).

        Le plus connu est sans doute Tsukioka Yoshitoshi (1839-92). D’autres dessinateurs important de ces périodes peuvent être cités : Shibata Zeshin (1807-91), Kawanabe Kyosaï (1831-89), Toyohara Kunichika (1835-1900), Yôshû Chikanobu (1838-1912), Kobayashi Kiyochika (1847-1915) etc…

        Un autre artiste majeur de cette période est Ogata Gekkô (1859-1920). Certes, il a souffert de la notoriété de Yoshitoshi, souvent présenté comme " le dessinateur type de Meiji ". Mais il est par exemple amusant de constater que si l’exposition au Rijkmuseum d’Amsterdam de 1990, consacrée aux œuvres graphiques de Meiji était intitulée " The age of Yoshitoshi ", Gekko est apprécié dans le catalogue comme " un des plus important artistes de l’ère meiji ",conjointement avec Zeshin .

 

 

Ogata Gekko, peinture sur soie

 

        Gekkô n’est pas directement comparable à ses contemporains, dans la mesure où il ne fut pas l’héritier de l’Ecole Utagawa. Même lorsqu’il représente des personnages légendaires ou de l’ancien Japon, de belles femmes ou des acteurs du théâtre kabuki, son originalité par rapport aux estampes ukiyo-e apparaît immédiatement et il n’est pas exagéré de dire qu’il créa son propre style.

        Cet autodidacte, de son nom Taï, Tanaka ou Nagami Masanosuke, est né en 1859 dans le quartier de Kyôbashi à Edo (l’actuel Tokyo). Il fut adopté par la famille Ogata.

         Il est important de considérer que Gekkô, fut d’abord intéressé par la peinture, et non par le seul dessin. Si les planches oban des séries " Gekkô Zuïhitsu " (croquis par Gekkô) ou " Chushingura " (47 Ronins) sont le fait d’un dessinateur, les shikishibans sont le travail d’un peintre.

 

       

        Ces productions, qui selon les règles propres aux shikishibans de cette époque ne comportent ni date ni indication d’éditeur, peuvent cependant être situées en fonction de la qualité des papiers, de la signature et des cachets (qui ont évolué pendant la carrière de l’artiste), mais aussi grâce aux archives de l’éditeur Matsuki Heïkichi (Daïkokuya), l’un des meilleurs de ce temps, aujourd’hui conservées dans la collection américaine d’estampes de Robert O. Muller.

        Gekkô, comme Yoshitoshi et Kiyochika, a travaillé pour des journaux, quotidiens ou hebdomadaires, qui commençaient à être en vogue dans les grandes villes japonaises. Il s’agissait le plus souvent d’estampes en couleurs, jointes comme suppléments aux publications, et décrivant des faits divers marquant. Pour plaire aux lecteurs, le trait devait être vif, les couleurs soutenues, l’ensemble proche de la caricature. Gekkô donna ses dessins en particulier à l’Asahi Shinbum.

        Cette manière se retrouve aussi dans d’autres estampes, présentées sous forme de triptyques oban, consacrées au conflit entre la Chine et le Japon en 1894-95. Il s’agit de scènes spectaculaires, qui frappaient les foules de Tokyo.

        Plusieurs des planches de Gekkô montrent un modernisme incontestable. Ainsi pour plusieurs des shikishibans  tel celui du Mont Fuji, qui annonce les meilleures productions du Shin-Hanga au 20e siècle.  

        Gekkô a participé, selon la mode de l’époque, à plusieurs expositions internationales ou universelles, où il remporta des prix, et notamment à Chikago (1893), Paris (1900), St Louis, Missouri, ou Londres (1910). Le public japonais eut accès à ses œuvres au cours de nombreuses expositions organisées dans l’archipel. Des œuvres de Gekkô sont entrées, à leur création, dans les collections de la Maison Impériale et du Prince Héritier. En 1903 (Meiji 36), l’artiste rencontra un succès considérable lors de la 6e Exposition nationale pour l’encouragement de l’industrie, organisée à Osaka. Il était devenu, après les disparitions au début des années 1890, de Zeshin et Yoshitoshi, le dessinateur d’estampes le plus apprécié au Japon.

        Il joua un rôle important dans le développement de plusieurs associations d’artistes, en particulier Nihon Bijutsu Kyôkaï, Nihon Seinen Kaïga Kyôkaï, l’Académie d’art japonais, et le Bunten.

        Lui qui n’avait pas eu de professeur eut quelques élèves, parmi lesquels Tsukioka Kôgyo (1869-1927), dont la mère avait épousé en secondes noces Tsukioka Yoshitoshi. Les destins se croisent. …

 

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